Dans les bureaux ouverts, le bruit est l’un des principaux facteurs d’inconfort rapportés par les salariés. Difficultés de concentration, fatigue mentale, sentiment de manque de confidentialité : ces effets sont bien connus en santé au travail. Pourtant, dans de nombreux cas, les niveaux sonores mesurés restent modérés et inférieurs aux seuils réglementaires. Cette situation met en évidence une limite des approches classiques : le niveau sonore moyen ne suffit pas à expliquer la gêne ressentie en open space, notamment celle liée à la parole. Des travaux menés par l’INRS ont conduit au développement d’un nouvel indicateur appelé MAeq (pour indice de modulation équivalente pondéré A) permettant d’évaluer l’intelligibilité de la parole dans le bruit ambiant et adaptée spécifiquement aux mesures en environnement de travail. Décryptage de ces recherches réalisées par l’INRS ayant mené leur partenaire Alliantech au développement de ATomic WorkPlace, le premier exposimètre dédié aux open spaces.
Sommaire – Avec accès direct aux rubriques de l’article
- Le bruit en open space : une gêne bien identifiée en santé au travail, mais mal caractérisée...
- La parole intelligible : un facteur clé de gêne
- Les limites des indicateurs acoustiques classiques en environnement de travail
- Les travaux de l’INRS : vers un nouvel indicateur de modulation de la parole
- Le MAeq : principe et intérêt en open space
- Ce que montrent les études de laboratoire et de terrain menées par l’INRS
- Le MAeq, un indicateur adapté aux mesures en environnement occupé
- Le développement d’un outil de mesure opérationnel...
- Une approche innovante pour la prévention du bruit en bureaux ouverts
- Conclusion : le MAeq, un indicateur clé pour mieux agir sur le bruit en open space
Le bruit en open space : une gêne bien identifiée en santé au travail, mais mal caractérisée...
De nombreuses études montrent que le bruit en bureaux ouverts est associé à une dégradation du bien-être et des performances cognitives. Son évaluation acoustique a toujours reposé sur le niveau sonore moyen, exprimé en décibels.
Certes cet indicateur est utile pour quantifier l’énergie sonore globale, mais il ne décrit pas la manière dont le bruit est perçu par les occupants.
Deux environnements présentant le même niveau sonore peuvent être vécus de manière très différente par les salariés. Et cela, même lorsque le niveau sonore global reste relativement faible, cette gêne est souvent rapportée auprès des organismes de prévention en santé au travail.
Cela montre que, en dehors de l’intensité moyenne, d’autres paramètres acoustiques entrent en jeu, en particulier dans les espaces de travail partagés.
La parole intelligible : un facteur clé de gêne
Dans un open space, la principale source de gêne n’est généralement pas un bruit continu, mais la parole.
Lorsqu’elles sont intelligibles, les conversations attirent involontairement l’attention et perturbent les tâches nécessitant de la concentration.
La parole se distingue par :
- Des fluctuations rapides de niveau ;
- Une structure temporelle marquée ;
- Et un contenu informationnel compréhensible par l’auditeur.
Ces caractéristiques expliquent pourquoi la parole est perçue comme plus intrusive, même à niveau sonore modéré.
La gêne ressentie est donc liée à la variabilité du bruit et à son contenu informationnel, et non uniquement à son intensité moyenne.
Les limites des indicateurs acoustiques classiques en environnement de travail
Le niveau de bruit équivalent (Leq), couramment utilisé en santé au travail, fournit une information globale fiable, mais il ne permet pas de distinguer un bruit continu d’un environnement dominé par des conversations.
D’autres indicateurs, comme l’indice de transmission de la parole (STI), sont capables d’évaluer l’intelligibilité. Toutefois, ces méthodes sont souvent complexes à mettre en œuvre et peu adaptées aux environnements occupés, où le bruit varie constamment et provient de sources multiples.
Ces constats ont conduit à la recherche d’un indicateur plus simple, mieux adapté aux réalités du terrain.
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Les travaux de l’INRS : vers un nouvel indicateur de modulation de la parole
Dans ce contexte, l’INRS a conduit plusieurs travaux de recherche menés par Laurent Brocolini et Patrick Chevret, du Département Ingénierie des équipements de travail / Laboratoire Acoustique au travail. L’objectif de cette étude consiste à mieux caractériser l’impact de la parole intelligible en bureaux ouverts, aussi bien en laboratoire qu’en situation réelle.
Cette approche repose sur une idée simple : comparer le niveau sonore moyen au niveau du bruit de fond, représentatif des périodes où la parole n’est pas dominante. La différence entre ces deux niveaux met en évidence la présence et l’importance des variations sonores liées aux conversations.
Ces travaux ont abouti au développement d’un indicateur appelé MAeq, pour indice de modulation équivalente pondéré A. Le MAeq permet d’évaluer l’intelligibilité de la parole dans le bruit ambiant et il est spécifiquement adapté aux mesures en environnement de travail.
Plus simple, cette méthode permet de mieux relier la mesure acoustique à la perception humaine.
Le MAeq : principe et intérêt en open space
Le MAeq repose sur un principe simple. Il compare le niveau sonore moyen à un niveau de bruit représentatif des moments les plus calmes de l’environnement.
Voici d’ailleurs la formule mathématique sur laquelle le calcul du MAeq repose :
Cette différence permet de mettre en évidence :
- La présence de fluctuations sonores marquées ;
- Et l’émergence de la parole par rapport au bruit ambiant.
Un MAeq faible d’environ 5 dB(A) traduit un environnement sonore relativement stable.
Un MAeq élevé d’environ 12 dB(A) indique que certaines sources, typiquement les conversations, ressortent nettement et sont plus susceptibles de générer de la gêne.
Cet indicateur présente plusieurs avantages majeurs :
- Il repose sur des grandeurs acoustiques connues ;
- Il est mesurable en conditions réelles ;
- Il est compatible avec des mesures de longue durée, local occupé.
Ce que montrent les études de laboratoire et de terrain menées par l’INRS
Les études menées par l’INRS montrent que le MAeq est sensible aux caractéristiques temporelles de la parole, en particulier à ses fluctuations rapides.
Les résultats obtenus en laboratoire sont cohérents avec ceux issus de campagnes de mesures réalisées dans des bureaux ouverts occupés. Ils confirment que le MAeq constitue un indicateur pertinent pour mieux relier mesure acoustique et gêne perçue.
Ces travaux s’inscrivent pleinement dans une démarche de prévention en santé au travail en apportant un outil objectif et exploitable sur le terrain.
Le MAeq, un indicateur adapté aux mesures en environnement occupé
Contrairement au STI, le MAeq peut être mesuré directement en présence des salariés, sans perturber l’activité.
Il peut être utilisé :
- Sur des durées longues ;
- Dans différentes zones d’un open space ;
- Pour comparer des situations ou suivre leur évolution dans le temps.
Il permet ainsi d’objectiver des situations de gêne liées à la parole qui ne seraient pas nécessairement détectées par une analyse basée uniquement sur le niveau sonore moyen.
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Le développement d’un outil de mesure opérationnel pour la santé au travail et la prévention
Les travaux de l’INRS ont permis d’ouvrir la voie à une instrumentation adaptée à ce nouvel indicateur acoustique.
Dans ce cadre, l’INRS et Alliantech ont engagé un partenariat visant à transposer le concept du MAeq dans un outil de mesure opérationnel.
Ce travail collaboratif a conduit au développement de ATomic WorkPlace, un exposimètre acoustique intégrant le MAeq comme indicateur central.
Pour l’INRS comme pour Alliantech, l’objectif est de proposer un instrument de mesure acoustique :
- Adapté aux contraintes du terrain ;
- Simple à déployer ;
- Accessible financièrement ;
- Et compatible avec des démarches de prévention en entreprise.
Une approche innovante pour la prévention du bruit en bureaux ouverts
Cet exposimètre développé par Alliantech, en partenariat avec l’INRS, s’inscrit dans cette logique : permettre aux entreprises de disposer d’un outil accessible pour caractériser non seulement le niveau sonore, mais aussi la modulation du bruit liée à la parole intelligible.
Cette approche innovante offre une lecture plus fine des ambiances sonores en open space et constitue un support objectif pour accompagner les actions de prévention et d’amélioration des conditions de travail.
Conclusion : le MAeq, un indicateur clé pour mieux agir sur le bruit en open space
La gêne sonore en open space ne se résume pas à une question de décibels. La parole intelligible, par sa structure temporelle et ses variations, joue un rôle déterminant dans le ressenti des salariés.
Les travaux menés par l’INRS ont permis de développer le MAeq, un indicateur simple, mesurable en conditions réelles et pertinent pour la santé au travail.
Sa mise en œuvre dans un outil d’exposimétrie tel que ATomic WorkPlace ouvre de nouvelles perspectives pour mieux comprendre, mesurer et prévenir la gêne sonore en environnement de bureaux ouverts.
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